| Afrique du Sud : Mandela fête ses 90 ans |
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| Par RFI | ||||||
| 18-07-2008 | ||||||
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Avec un peu d’avance, Mandela a dégusté un gâteau d’anniversaire, le 9 juillet à Johannesburg, entouré par des centaines de ces enfants qu’il aime tant. Chaque année, sa Fondation pour les enfants organise une fête en son honneur. « Tata Madiba » (Grand-père « Madiba », son nom de clan qui est devenu son surnom) pose avec petits et grands, sous le crépitement des appareils photos, qui frise parfois l’indécence. Son entourage espère que ce seront ses dernières apparitions : il se fatigue vite et contrôle moins sa parole. Les 90 ans de Mandela marquent-ils ses adieux ? C’est ce que semble indiquer son intervention, le 27 juin à Londres, lors du concert « 46664 » organisé par sa Fondation au profit de la lutte contre le sida : « Là où il y a de la pauvreté et des maladies, dont le sida, où des hommes sont opprimés, il y a encore du travail à faire. Nous disons, ce soir, après presque 90 ans de vie, qu’il est temps que de nouvelles mains reprennent le fardeau ». Le combat du héros de la lutte anti-apartheid n’est pas terminé, loin s’en faut. Pour son anniversaire, sa Fondation avait organisé un « Parlement des jeunes » d’Afrique australe. « Les qualités de leadership montrées aujourd’hui par notre jeunesse me réconfortent dans l’idée que tout n’est pas perdu », a déclaré Mandela à la fin des débats. Son héritage est-il en passe d’être perdu ? « Il est attristé par ce qui se passe dans notre pays, dans la région et dans le monde, affirme Ahmed Kathrada, l’un de ses amis et compagnon de détention pendant vingt-sept ans. Mandela ne peut pas dire autre chose que ce que dit la direction de l’ANC et du pays, dont il ne fait plus partie. Mais, sur le Zimbabwe, il a critiqué la situation quand il était président et il l’a encore fait récemment ». A Londres, il a en effet stigmatisé « l’échec tragique du leadership au Zimbabwe ». Mandela a aussi été très « perturbé », selon son épouse Graça Machel, par les attaques contre les immigrés en Afrique du Sud, qui ont fait 62 morts en mai. Le 16 juin, il a rappelé à ses compatriotes que leur « défi est de forger une nation dans laquelle les gens, quelle que soit leur race, leur couleur, leur sexe, leur religion ou leurs opinions puissent jouir pleinement de la cohésion sociale ». Un idéal trahi par les leaders politiques sud-africains La lutte pour l’égalité sociale a toujours été au cœur de son action. Mais certains estiment que son idéal a été trahi par les leaders politiques sud-africains : « On assiste à une lutte féroce pour la redistribution des profits du pouvoir », regrette Achille Mbembe, un Camerounais, professeur d’histoire politique à l’université de Johannesburg. L’Afrique du Sud est devenue un mélange de capitalisme plus ou moins débridé, de réseaux de patronage et de corruption avec une violence sociale, qui se traduit par une criminalité qui fait 50 000 morts par an ». En décembre, Mandela avait aussi lancé un appel à l’unité au sein de l’ANC. En vain. L’affrontement au sommet entre le chef de l’Etat Thabo Mbeki et le président du parti Jacob Zuma, candidat à sa succession, se poursuit de plus belle. Cette lutte menace même l’indépendance de la justice : la Cour constitutionnelle est soumise à de fortes pressions pour annuler le procès de ce dernier pour corruption. Certains proches de Mandela s’en désolent, comme son avocat et ami de cinquante ans, George Bizos : « Quand il était président, Mandela a toujours respecté les décisions de la Cour constitutionnelle, même si elles ne lui plaisaient pas ». Mandela, qui n’a occupé qu’un seul mandat de président (1994-1999), pour montrer l’exemple, a toujours été un ardent défenseur de la démocratie. A la Fondation Mandela, on s’évertue à diffuser son héritage en organisant, par exemple, des discussions dans les communautés pauvres sur le sida. « Mandela a reconnu qu’il avait aussi négligé le sida pendant sa présidence et il a essayé de se rattraper après. C’est important de montrer aussi ses faiblesses, car il est en train de devenir une icône aseptisée, comme Che Guevara », regrette Verne Harris, directeur à la Fondation. Or, Madiba a toujours refusé le culte de la personnalité. « Le monde attend trop de lui, poursuit Harris. Chaque mois, nous recevons 4 000 invitations ! Madiba a fait son temps et il a laissé les outils qu’il faut pour résoudre les problèmes. Mais encore faut-il les utiliser ! ». Valérie Hirsch Source: RFI
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