| Urbanisation et habitat : cimetières et routes secondaires à vendre ! |
|
|
|
| Par Tidiane Touré | ||||||||||||||||||
| 03-07-2008 | ||||||||||||||||||
|
Incroyable mais vrai ! Ce qui est vécu souvent à Conakry et dans ses environs se passe de tout commentaire tant les évènements revêtent des caractères insolites, voire ahurissants.
A la faveur de l’urbanisation à outrance à laquelle l’on assiste depuis une décennie, Conakry tend à devenir une sorte de « mégapole » où le problème de l’habitat se pose avec acuité. La soif de l’accès au logement ou à la propriété foncière a entraîné une recrudescence de l’escroquerie et de la malhonnêteté. Ces comportements, malheureusement, sont le fait des autorités à certains niveaux de l’administration. En effet, des chefs de quartier ou de commune s’adonnent à un commerce illicite de parcelles à usage commercial ou d’habitation, dans une impunité qui fait mal au commun des guinéens.
En plus de la pratique qui consiste à vendre un terrain à plusieurs acheteurs, quitte à dénouer l’affaire en justice, ces autorités n’hésitent pas à brader le patrimoine publique aux plus offrants. Ainsi, des cimetières de quartiers, des rues que l’on supprime en érigeant des murs et des espaces prévues dans le plan cadastrale pour abriter une école ou un hôpital sont carrément vendus à des hommes d’affaires qui n’hésitent pas à mettre le prix fort pour ces acquisitions douteuses. La pratique, vielle de plusieurs années déjà, se poursuit au grand dam des populations et dans une indifférence révoltante de la part de l’administration centrale. Le phénomène est tellement ancré dans les mœurs de certaines autorités locales que nombreux sont les guinéens qui ont perdu leurs fortunes dans ce genre de transaction, et malheureusement sans aucun recours. Des centaines de dossiers domaniaux s’entassent sur les bureaux des magistrats qui ne savent plus à quel saint se vouer alors que les escrocs de l’administration se remplissent les poches et se frottent les mains face à cette aubaine. Le seul espoir des populations, victimes de ce genre d’escroquerie, réside dans une justice plus forte, à l’écoute des citoyens qui n’ont plus foi en la justice de leur pays. Aujourd’hui, la justice, c’est visiblement pour le plus riche ou pour celui qui a « le bras long ». C’est donc un défi que doivent relever le nouveau ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat et son homologue de la justice. A moins qu’ils ne veuillent cautionner cette pratique qui reste apparemment très juteuse et sans risque pour les hommes détenant un certain pouvoir dans un pays où tous les coups semblent permis. A quand la fin de la galère ? ![]() Commentaires:
![]() 3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
||||||||||||||||||
| Citation du jour |
|---|
"Les grands hommes entre prennent les grandes choses, parce qu'elles sont grandes ; et les fous, parce qu'ils les croient faciles
"Vauvenargues |