| Que fait le département des affaires sociales pour la formation et l’insertion des personnes handicapées ? |
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| Par Moustapha Keita | ||||||
| 03-07-2008 | ||||||
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Les personnes handicapées se déclinent sous plusieurs formes et nécessitent des soins appropriés à chaque groupe d’individus. En Guinée, nous remarquons généralement les handicapés physiques ou moteurs, les aveugles et autres albinos qui font partie du quotidien. En effet, ces personnes se rencontrent tous les jours, aux abords des mosquées, au bord des principales artères de la capitale où ils s’adonnent à la mendicité. Certains ont même érigé un véritable ghetto dans le centre ville où ils s’entassent, la nuit venue, dans une promiscuité nauséabonde. Leur univers tranche carrément avec l’ambiance qui doit être celle d’un centre dédié aux affaires et à l’administration comme la commune de Kaloum.
Par contre, d’autres personnes handicapées, des sourds muets et ceux ayant des déficiences mentales existent et semblent vivre dans une sorte d’indifférence de la part de notre communauté. Si des écoles existent et dispensent une formation aux sourds muets, aux mal voyants et aux aveugles, il reste qu’ils sont confrontés à d’énormes problèmes qui ont pour noms l’insuffisance d’éducateurs spécialisés, le manque de matériels didactiques et surtout un déficit de communication qui fait que la connaissance de leur existence même est l’apanage d’un cercle restreint de parents. Ce qui fait des enfants sourds ou muets, aveugles ou mal voyants se retrouvent dans des écoles normales, avec d’autres élèves ne présentant aucun handicap. Dans ce schéma, la concurrence est déloyale car l’enfant handicapé n’est pas dans son univers ou dans un milieu adapté. Généralement, ils passent de nombreuses années, sans motivation, sur des bancs d’écoles qui n’ont en définitive pas grand-chose à leur offrir, sinon une exacerbation de leur frustration. Parallèlement, ceux qui ont la chance de fréquenter des écoles spécialisées, comme l’école des sourds muets de Boulbinet ou l’école des aveugles et mal voyants, se retrouvent sur le carreau après leur scolarité, faute d’emploi. Dans un contexte où même les personnes « bien portantes » ont du mal à trouver un emploi décent, le cas des personnes handicapées reste très critique. Pour s’en convaincre, il suffit de constater que très peu de guinéens peuvent identifier ou citer les noms d’au moins cinq personnes handicapées servant dans l’administration publique ou privée. A notre connaissance, mis à part le cas d’une dame aveugle qui travaille à la Radiotélévision guinéenne (RTG) et qui a été l’objet d’une certaine médiatisation ou celui d’une jeune fille travaillant au ministère des affaires sociales, très peu d’exemples de ce genre sont connus. C’est pourquoi, les autorités doivent redoubler d’efforts non seulement pour la formation des personnes handicapées de toute nature mais aussi pour leur insertion socio – professionnelle. Cela passera nécessairement par la construction d’infrastructures scolaires aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays où les enfants des zones rurales semblent laissés pour compte, et encore par la définition d’une politique nationale d’insertion de ces personnes. Le sort des personnes handicapées est d’autant plus à améliorer que faute d’éducation et d’emploi, ils constituent des charges pour leurs parents qui n’hésitent souvent pas à les abandonner à leur sort, faisant d’eux des personnes marginales. Ils méritent mieux que cela et la sécurité de la société en dépend également. N’a – t – on pas vu à Conakry des escrocs, des bandits et des prostituées issus de ces personnes qui constituent une partie intégrante de notre communauté ?
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