A moins d'une semaine du sommet de l'Union africaine, RFI et France24 reçoivent en exclusivité le chef de l'Etat libyen. Au cours de cet entretien, le colonel Kadhafi évoque l'échec de son projet d'Etats- Unis d'Afrique, les attentats de Kampala, la situation explosive en Somalie avec les actions de plus en plus violentes des islamistes shebabs,...
Il y a quelques semaines le chef des rebelles soudanais du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), Khalil Ibrahim, a été expulsé du Tchad. Il est désormais réfugié à Tripoli. Le colonel Kadhafi revient sur cette présence sur le territoire libyen, et sa récente rencontre avec le président tchadien, Idriss Déby.
Le Darfour
Mouammar Kadhafi est revenu sur la présence en Libye de Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus important des groupes rebelles du Darfour. "Il est normal que sa présence en Libye préoccupe le Soudan et le Tchad. Nous lui avons cependant interdit de faire des déclarations à moins que cela soit dans l’intérêt de la paix ou pour déposer les armes", a déclaré le colonel Kadhafi.
Ce dernier s’est dit prêt à accueillir en Libye, si nécessaire, Omar El-Béchir, le président soudanais sous le coup d’un mandat d’arrêt international. "Nous ne reconnaissons pas la Cour pénale internationale, qui est un instrument au service du colonialisme et du terrorisme international", a-t-il déclaré. Selon lui, "il faudrait juger un certain nombre de dirigeants occidentaux et israéliens avant de juger El-Béchir".
Etats- Unis d'Amerique
Le dirigeant libyen, très critique envers l'Union africaine, évoque les raisons pour lesquelles, selon lui, l’UA est devenue une coquille vide. Il revient sur son engagement en faveur de la création des Etats-Unis d'Afrique et commente les récents attentats de Kampala revendiqués par les insurgés somaliens shebabs et la politique menée par l’Union africaine en Somalie. Selon le dirigeant libyen : « Il faut laisser les Somaliens régler leurs problèmes ».
Le Sahara occidental
Le dirigeant libyen a de nouveau réclamé l'organisation d'un référendum sur le futur statut du Sahara occidental, cette région dans laquelle est déployée une mission de maintien de la paix des Nations unies (Minurso) depuis 1991. "Il n’y pas d’autre solution que le référendum, ceux qui s’y opposent en paieront le prix", précisant au passage que le défunt roi Hassan II du Maroc était d’accord avec cette position : "Il n'y a pas d'autre solution que le plébiscite ou le référendum" a-t-il dit.
La CPI et Oumar Bechir
Ne reconnaissant aucune légitimité à la Cour pénale internationale, le colonel Kadhafi se dit prêt à accueillir en Libye, si nécessaire, Omar el-Béchir, le président soudanais sous le coup d’un mandat d’arrêt international : "Nous, on ne reconnaît absolument pas le tribunal (CPI)" a-t-il dit.
Al-Qaïda au Maghreb
Pour le guide libyen Mouammar Kadhafi, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) n’est qu’« une bande de criminels qui n’a aucun rapport avec l’islam » : "Ces bandes de morts n’ont aucun rapport avec l’islam".
Enfin, le guide de la révolution libyenne a nié l’existence de l’organisation Al-Qaïda au Maghreb. "Il n’y a pas d’organisation de ce type. C’est une rumeur, de la propagande […] En réalité, il s’agit de petits groupes criminels comme les Brigades rouges en Italie. Ils ont commis des attentats, des kidnappings et des assassinats, cela n’a rien à voir avec l’islam", a-t-il précisé. Selon lui, Ben Laden n’est pas responsable des actes du groupuscule terroriste. "Ben Laden, dont cette organisation se revendique, peut se comporter comme un homme raisonnable, comme un cheikh, comme un théologien, il a notamment proposé la trêve à l’Europe. Je ne pense pas qu’il accepte ces groupes de la mort", a-t-il conclu.