C'est un secret de polichinelle, lorsqu'on veut se faire un passeport à la direction générale de la police nationale à Coléah, il faut être fin prêt car moins de trois cent mille francs guinéens ne te donne pas accès à cette carte ci précieuse alors que le prix officiel est fixé à cent mille francs guinéens. Outre les démarcheurs, les agents de sécurité sensés mettre en application cette règle, en font un commerce.
Pour constater de vu su cette triste réalité, nous avons la semaine dernière effectué un tour à la direction nationale de la police nationale à Coléah. Il est 11 heures 30 minutes au moment où je franchis la rentrée principale sur le ''Niger''. Une fois dans la cour, un policier m'interpelle :« Que cherches-tu ? », faisant semblant, je lui répond : « je veux faire un passeport ». Il me dit : « Tu as déjà traité avec quelqu'un ? Dans le cas contraire, je peux t'aider. » « Comment dis je ? Et lui de me répondre.
« Tu sais, ici pour se faire un passeport, il faut enlever beaucoup d'argent. Le prix normal est fixé à cent mille de nos francs. Mais comme c'est la Guinée, si tu veux passer par la voie légale, tu risques de ne plus voir tes documents. Personne ne va les regarder », m'a-t-il signifié. Le policier a pris tout son temps pour me convaincre de lui confier mon dossier. « Avec moi c'est moins cher, mais les démarcheurs eux sont chers », a dit le policier.
« Ok, avec toi, c'est combien ? », Et lui de me répondre :
« Tu sais, si tu es trop pressé, tu vas payer 400.000 fg et tu reviendras dans deux jours, si c'est aujourd'hui que tu veux, je peux te faire ça, à 600.000fg comme c'est toi », m'a-t-il dit. Dans le but de me débarrasser de lui, je l'invite à me donner son numéro et que prochainement, je lui ferai appel. Chose qui fut faite, aussitôt. Une fois dans le grand bâtiment qui abrite la direction générale on est tout de suite attiré par des va-et-vient dans les différends bureaux. Des hommes en uniforme et des démarcheurs se faufilent dans toutes les directions à la recherche de clients dans le seul but d'escroquer pour avoir selon eux le prix ''de sauce''. Aucune tentative pour rencontrer le directeur général afin de vérifier l'authenticité de ces informations n'a porté fruit. Les agents nous ont complètement refusé l'accès.
Boubacar Barry, étudiant, est venu pour faire son papier et cela fait deux semaines que son document traîne dans les tiroirs. « Il y a longtemps que j'ai déposé mes dossiers. A chaque fois que je viens, on me dit de revenir demain », s'est-il plaint. Alsény Bah, commerçant, renchérit : « Ils m'ont fait payer beaucoup d'argent pour ne rien, j'ai donné 500.000 fg à un policier. Mais jusqu'à présent, il ne m'a pas remis mon passeport. »
Cette situation inquiète bon nombre de guinéens, et surtout ceux qui sont issus des familles moins nantis qui ne savent pas à quel saint se vouer. Ce qui devait amener, les nouvelles autorités gouvernementales, surtout le ministère de tutelle, avec à tête le Général Toto Camara, à plus de vigilance dans les différentes structures de son département.