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Exclusion de la diaspora à la Présidentielle de 2010 : Le Parti RRR demande le départ sans délai de Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Infoguinée   
28-02-2010
 

Le parti RRR a adressé, le 25 février 2010, une " lettre ouverte" peu amicale au Premier ministre guinéen, Jean Marie Doré, dans laquelle elle a violemment réagi face aux récents propos du président de la CENI, l’organe chargé de l’organisation des élections, quand il a décidé de l’exclusion de la diaspora lors de la présidentielle de Juin 2007.

A Monsieur Jean-Marie DORE, le Premier Ministre du Gouvernement de Transition,


S/C de Monsieur GUILAO Ministre des Guinéens de l’Etranger
Conakry République de GUINEE



Monsieur le Premier Ministre,
Nous avons appris avec une profonde indignation l’exclusion unilatérale de la communauté guinéenne vivant à l’étranger des élections présidentielles prévues le 27 juin 2010 aux motifs suivants :
1. Impossibilité de recenser les guinéens à l’extérieur
2. Coût financier évalué à 4 milliards FNG soit environ 534.000 €
3. Situation de clandestinité des guinéens à l’étranger


Nous considérons ces propos inadmissibles, une insulte à la communauté guinéenne à l’étranger d’un responsable de la CENI.
E
n conséquence nous considérons la décision du Président de la CENI comme une véritable atteinte à l’identité et aux droits de la communauté guinéenne à l’étranger.



En effet, Monsieur le Premier Ministre, il est inconcevable d’exclure à priori une communauté forte d’au moins 5 millions de personnes du choix du destin de leur pays. Un guinéen sur deux vit à l’étranger. Comment peut on exclure 50% de la population d’un scrutin aussi capital ? Quelle serait la validité d’un tel scrutin ? Quelle serait la légitimité d’un Président élu par une partie de la communauté nationale ? Quant aux motifs avancés, cela parait totalement sans fondement.


- Sur le recensement : l’argument évoqué par le Président de la CENI n’est pas justifié dans la mesure où il existe déjà un fichier électoral qui ne demande qu’à être révisé. Les Guinéens vivant à l’étranger, pour avoir participé au référendum du 23 décembre 1989 relatif à l’adoption de la Loi fondamentale, aux élections présidentielles de 1993, 1998, et 2003 ont pu être recensés. Il suffirait donc simplement de procéder à une révision de la liste électorale. En l’occurrence, il s’agit d’effectuer un croisement entre la liste électorale de 2003 et le fichier des cartes consulaires tenu dans les consulats de Guinée. Les opérations biométriques pourraient s’effectuer à posteriori au moment de la délivrance de la carte d’électeur sur présentation de la carte consulaire. Les consulats ont un rôle déterminant à jouer dans ce processus au regard de la proximité des échéances et des économies importantes à réaliser sur les frais de voyage et autres perdièmes des équipes de la CENI qui ne se justifient plus.



- Sur le coût financier des élections : 4 milliards de francs guinéens environ 534 000 € réclamés par la CENI et 45 milliards de GNF déjà débloqués sous la première phase de la transition placent les élections de 2010 comme les plus coûteuses de l’histoire de notre pays. En effet Monsieur le Premier Ministre, nous considérons après analyses faites que la CENI coûte plus chère aux contribuables guinéens que les élections elles mêmes. A cet égard, nous demandons un audit des comptes de la CENI afin d’édifier nos compatriotes sur la gestion de cette structure d’autant plus que des interruptions des opérations d’enrôlement avaient été constatées suite aux différentes grèves déclenchées à l’intérieur du pays fin 2009 par des agents recenseurs pour non paiement de primes.


Nous déclarons de manière péremptoire que la volonté délibérée et injustifiée de la CENI d’exclure du scrutin présidentiel, la moitié de la communauté nationale cache en réalité une gestion douteuse des fonds alloués et une manipulation de l’opinion publique nationale et internationale à des fins inavoués.



- Sur la situation de clandestinité des guinéens vivant à l’étranger :
La déclaration faite par le Président de la CENI est vécue comme un mépris, un manque de considération, une injure inadmissible à plusieurs millions de nos compatriotes.


Nous dénonçons ces propos irrévérencieux du Président de la CENI comme indignes d’une autorité de transition et d’une extrême gravité.
Nous rappelons au Président de la CENI que la clandestinité dans un pays d’accueil n’entame en rien les attributs de citoyenneté du clandestin. Si nombre de nos compatriotes sont confrontés à ces difficultés temporaires d’insertion dans les pays d’accueil, c’est bien parce que la Guinée n’offre pas de conditions décentes d’existence en matière de santé, d’éducation, et d’épanouissement individuel et collectif. C’est le lieu de rendre hommage à tous ces jeunes qui, à l’image de Yaguine KOITA et Fodé TOUNKARA sont morts d’hypothermie pour leur rêve d’éducation. A tous ceux qui bravent le désert, les eaux glaciales de la méditerranée à la recherche de meilleures conditions de vie et permettre aux familles d’échapper à la pauvreté, à ceux qui emprisonnés dans les pays de transit ou des centres de rétention administrative des pays d’accueil, en séjour dans des foyers d’accueil en attente de régularisation nous exprimons notre solidarité.


Monsieur le Premier Ministre, vous constaterez que notre indignation est à la hauteur de la douleur psychologique que nous ressentons à la suite du coup de poignard du Président de la CENI à l’organe vital de la Guinée. A l’heure où tous les pays africains font des efforts d’intégration de leur diaspora (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, Burkina…) au processus de développement économique et social, notre pays continue de ramer à contre courant de l’histoire.



Selon les informations disponibles auprès de la Banque mondiale, du FMI, et du PNUD les flux financiers de la diaspora vers leur pays d’origine sont supérieurs à l’aide au développement reçue de la part des donateurs et aux exportations des produits miniers ou agricoles. Que représente donc 534 000 € au regard des apports financiers, matériels et immatériels de la diaspora à la Guinée ?



Pour donner une idée, 1 million de guinéens envoyant chaque mois la modique somme de 100 euro, cette somme représenterait une contribution annuelle continue de 1 milliard 200 millions d’euro à l’économie du pays. Cette simple comparaison donne un ratio égal à 0,048 % du transfert financier des migrants vers le pays.


La banque mondiale signale «Les envois de fonds vers l’Afrique subsaharienne ont augmenté progressivement depuis 1995, grimpant de 11 pour cent entre 2006 et 2007. Ainsi, l’Afrique subsaharienne a encaissé 19 milliards de dollars de fonds en provenance de l’étranger en 2007, soit 2,5 pour cent de son produit intérieur brut (PIB)». Malheureusement en Guinée, cette contribution ne transite pas par le secteur bancaire (banque d’investissement, banque de l’habitat) et est surtout utilisée pour l’assistance alimentaire et médicale aux familles, les frais de scolarité, les constructions de résidences et le financement d’entreprises individuelles (commerce, transport etc.…).


Même si aucune étude n’est disponible pour le moment, nous pouvons facilement entrevoir les impacts de cet apport au niveau de l’amélioration du quotidien de nos parents, ainsi qu’au niveau des emplois générés dans la chaîne de consommation. Dès lors nous pouvons affirmer sans craintes que la diaspora guinéenne est un pourvoyeur de projets et de devises, son action sert de levier économique sans lequel le taux d’inflation en Guinée aurait été comparable à celui du Zimbabwe. De qui se moque le Président de la CENI ?


Le Rassemblement pour le Renouveau de la République (RRR) ne peut tolérer un tel ostracisme qui tend à ignorer tous les efforts d’implication de la diaspora dans la construction de la Guinée sans compter son apport immatériel et son rôle de vigie vers l’opinion internationale.


Poids politique, économique et culturel incontestable, les guinéens vivant à l’étranger ne peuvent nullement être amputés de leur droit acquis de désigner par le vote ceux qui doivent conduire le pays vers des lendemains meilleurs.



Monsieur le Premier Ministre, nous réaffirmons notre totale et ferme désapprobation des déclarations du Président de la CENI et déclarons que la CENI n’a ni la vocation, ni la compétence juridique d’exclure un citoyen à fortiori une communauté nationale de l’exercice d’un droit souverain. Par conséquent, nous exigeons le retrait pur et simple de cette décision et demandons le départ sans délai du Président de la CENI pour fautes lourdes et outrages à la communauté guinéenne à l’étranger.



Nous nous réservons le droit, Monsieur le Premier Ministre, au cas où cette déclaration serait maintenue, de lancer une action mondiale jusqu’au rétablissement total de nos droits citoyens.



Nous lançons un appel à toutes les forces actives à une concertation nationale pour condamner d’une seule voix cette décision inacceptable de la CENI
Dans
l’attente veuillez croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’expression de nos sentiments patriotiques.



Le Bureau National du RRR

Paris, le 25 Février 2010"

   





Commentaires:


Commentaires
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Auteur: diountou -petoye
Poste le 28 Feb 2010 à 14:09 (GMT -07:00)

l'opposition n'a pas le droit de critiqué la [cni] parceque ils ont tout fait pour maintenir un groupe de corrompus a la tete de la [cni] l'organe qui a etait mus en place par le regume du presi paysan,cet homme n'a pas egiter a tout faire pour nommer sa propre soeur comme ministre apres le massacre du 28 sept*** l'opposition a toujours trahi la volonté du peuple pour des petits arrangement personnelle et quant leur arrangement tourne a la vinegre ils vont se mettre a baver



Auteur: dioubaté
Poste le 28 Feb 2010 à 14:24 (GMT -07:00)

qui sont les guineens de l'etranger?? reponse 50% des peulhs bourlingue a l'etranger



Auteur: Cecile
Poste le 28 Feb 2010 à 21:02 (GMT -07:00)

Je préfère qu'ils utilisent ces € 534.000 pour renover les hopitaux(ameliorer les conditions sanitaires) que pour les élections car nos leaders politiques sont 80% corrompus.




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