Des militaires nigériens ont attaqué à la mi-journée du jeudi 18
février le palais présidentiel. Des tirs ont résonné dans la journée
dans les rues de Niamey. Plusieurs personnes ont été tuées, chez les
militaires et les soldats mutins. Dans la soirée, le calme est revenu
dans la capitale. Mais le président Mamadou Tandja serait actuellement
aux mains des mutins.
Tout a commencé vers 13 heures de Niamey, 12h TU. A ce moment-là des
militaires mutins entrent au palais présidentiel où se tient un conseil
des ministres extraordinaire en présence du chef de l'Etat et du
gouvernement dans son ensemble.
Des chars, des tirs à l'arme lourde, de la fumée qui s'échappe du
palais présidentiel. Les choses se passent très vite. Les mutins
neutralisent rapidement la garde présidentielle certains seront tués,
on parle d'une dizaine de morts. Un petit groupe de militaires rentrent
dans la salle de réunion et amène Tandja. Avec respect, il est conduit
dans une voiture avec son aide de camp vers un camp militaire à la
périphérie de la ville.
De leur côté les ministres sont arrêtés, et conduit vers le Conseil
supérieur de la communication qui se situe juste en face du palais
présidentiel. Selon nos informations, ils seraient toujours retenus sur
place ou dans d'autres lieux.
Pendant ce temps dans la ville, après un mouvement de panique en
début d'après-midi, le calme est rapidement revenu, les casernes de
Niamey n'ont pas bougé. Elles ont simplement prépositionné des armes
lourdes à l'entrée. Tout cela a semble-t-il été mené de main de maitre.
Selon nos informations, les chefs militaires responsables de coup de
force sont en réunion et on attend une déclaration radio-télévisée d'un
instant à l'autre des auteurs de ce putsch.
Ce putsch est-il une surprise ?
L'effet de surprise a joué à plein personne à Niamey ne s'attendait à
une intervention en plein jour. Toutefois, à Niamey et dans le pays,
l'hypothèse d'un coup d'Etat était dans bien des esprits. On se
souvient que le Niger n'en est pas à son premier coup d'Etat, rappelons
trois dates : 1974 en 1996 et en 1999.
Par ailleurs depuis le référendum du 4 août et la nouvelle
Constitution imposée par le président Tandja, le mécontentement était
palpable. Le climat politique et social s'est passablement dégradé ces
dernières semaines et l'impasse du dialogue politique voulu par le
médiateur de la CEDEAO inquiétait beaucoup à Niamey.
Par ailleurs la grogne dans les casernes s'étaient déjà fait sentir
y compris durant l'été dernier au point que le président Tandja avait
envoyé son chef d'Etat major faire la tournée des casernes à travers le
pays pour demander à l'armée de rester « unie et républicaine ».
Apparemment, cela n'aura pas suffit.