Suite au discours politique du
président Sékouba Konaté lorsqu’il a pris en charge l’intérim du
président Moussa Dadis Camara.
Il a annoncé clairement son intention de
contribuer fondamentalement à la démocratisation de notre société, à la
lutte contre toutes les déviances et tous les travers sociaux afin que
la Guinée retrouve sa place dans le concert des nations africaines et
du monde.
C’est suite à cela que dans le cadre des accords de
Ouagadougou, il a demandé aux Forces Vives de lui proposer un premier
ministre. Et j’ai été proposé à sa nomination. Il a ratifié le choix
des Forces Vives par le décret me nommant dans les fonctions de premier
ministre chef du gouvernement, président du conseil des ministres.
C’est vrai, un certain temps s’est
écoulé depuis ma nomination le 21 janvier et maintenant. Et partout on
s’interrogeait des raisons profondes du retard mis à la désignation des
membres du gouvernement. Souvenez-vous aussi qu’il est facile de nommer
un gouvernement lorsqu’on gagne des élections. Mais former un
gouvernement d’union nationale, c’est imposer au premier ministre de
faire de larges consultations et le temps de la consultation a creusé
sur la durée du temps qui s’est écoulé. Je demande excuse profondément
auprès des populations et de tous nos partenaires au développement.
Le
gouvernement que je forme aujourd’hui et dont la liste des membres va
vous être communiquée, est caractérisé par l’impérieuse nécessité
d’avoir à la tâche des hommes et des femmes considérés au seul point de
vue de leur qualification. Sans doute, nous avons tenu compte de toutes
les nécessités d’équilibre à tous les niveaux pour que chaque guinéen,
chaque région de la Guinée, chaque préfecture se reconnaisse dans
l’équipe qui va conduire pendant six mois la gestion de notre pays.
Ce
gouvernement va s’atteler activement, résolument à régler tous les
problèmes qu’il faut maîtriser pour que notre pays connaisse enfin des
élections nationales libres, ouvertes, transparentes et crédibles.
C’est la condition absolue de l’engagement de nos partenaires de la
communauté internationale à œuvrer auprès de notre pays pour que nous
puissions mettre en œuvre les moyens et les outillages nécessaires pour
développer la Guinée.
Aussi longtemps que la Guinée restera à
faire des élections truquées, à végéter dans le désordre, dans
l’indiscipline, dans l’atelier, dans la rue, dans les casernes, dans
les écoles, dans les bureaux, il ne sera pas possible d’obtenir la
coopération des autres pour venir chez nous. C’est pourquoi, en
exécutant ces tâches pour que nous ayons des élections libres et
crédibles, en aidant le chef de l’État pour faire de notre Armée, une
armée disciplinée bien structurée, nous allons nous atteler aussi à
lutter par tous les moyens à notre disposition pour faire disparaître
les inégalités qui sont la cause des graves distorsions dans les
classes sociales.
Je prie les uns et les autres, chers
compatriotes, pour que ce gouvernement soit soutenu bien qu’il ne soit
pas parfait. La perfection n’est pas de ce monde. Mais nous avons été
préoccupés par d’autres soucis d’avoir un gouvernement dans lequel
chacun se reconnaît. C’est pourquoi, le gouvernement va entrer
immédiatement en fonction et prendre à bras le corps les préoccupations
fondamentales des guinéens. Il n’est pas là pour exécuter des plans de
développement à long terme. Il doit faire des élections, restructurer
l’armée et classer les cadres qui seront dévolus au gouvernement qui
sortira des élections pour conduire la gestion de notre pays dans la
compétition ouverte entre les nations africaines et du monde.
Je vous remercie infiniment.