Les Banlieuz'arts se préparent activement à la sortie officielle de leur premier album de 15 titres et intitulé "Koun Faya Koun" le 14 février 2010 dans la salle de spectales du Palais du Peuple à Conakry. Un album qui risque d'irriter la colère des religieux. C'est dans cette perspective, que les deux artistes qui composent le groupe, que sont Marcus Garvey et King Salomon, avec leur producteur, Abdoulaye M'Baye du groupe Deeg J Force 3, ont animé ce mardi une conférence de presse à Sandervalia.
Le titre de l'album, "Koun Faya Koun" rique d'irriter les mollahs, puisque ce terme est l'un des noms secrets de Dieu. Et pour les religieux, pas question qu'on joue avec ces noms divins ni avec les versets coraniques. Mais pour le groupe, c'est clair : "c'est notre façon à nous de pousser la jeunesse à connaitre ce que c'est. Rare sont ceux qui connaissent aujourd'hui ce que signifie Koun Faya Koun. Nous aussi, nous sommes des soldats de Dieu" se sont- ils defendus.
Dans cet album de 15 titres, les artistes abordent des thèmes comme l'amour, l'actualité, les enfants, les femmes. Mais le titre qui fait assez de tabac aujourd'hui à Conakry est "kokamah bhouramma", autremenet dit "on est mieux que chez soi". Dans ce titre, les artistes parlent de la tragédie vécue par Yaguine Koita et Fodé Tounkara, deux adolescents guinéens hantés par le mirage de l'occident mais qui ont péri dans la soute de l'avion en 1999 à Bruxelles. Un drame qui avait provoqué un tollé de réactions de par le monde.
Du chant au toaste, en passant par le rap ou encore des lyrics posés sur des beats, l'originalité de nos deux artristes réside dans la façon d'exprimer la rage qu'ils ressentent sur les travers sociaux et l'influence des mauvaises politiques qui bâillonent le quotidien des citoyens. Ils restituent aisément sur des beats reggae, dance hall, hip hop, en puisant toute son authenticité dans les quartiers populaires des banlieues. Ils manient avec une grande technique leurs propos dans le but d'amuser, d'éclairer et de toucher la sensibilité des politiques qui sont d'ailleurs les plus visées par les messages qu'ils véhiculent. Leur crédo est de répresenter à tous les coups le bas peuple car ils constituent une génération en rupture avec le silence fabriqué par la corruption et les xénophobies sociétaires.
Les deux artistes, qui se disent défenseurs des couches défavorisés, ont expliqué au cours de leur conférence de presse l'historique de leur groupe qui remonte en 2004. Pour eux, Banlieuz'art signifie l'art de la banlieue. Plus loin, ils se sont définis comme étant les oubliés de la banlieue. Sans accepter de s'identifier à une quelconque banlieue de Conakry, King Salomon et Marcus ont dit avoir grandi sur une colline située entre Sangoyah et Kissosso. Ils chantent en français, anglais, wolof, malinké, pular et soussou.