L'organisation du concours de beauté en Guinée, communément appelée Election Miss Guinée, connait moult réactions et polémiques dans la cité, ces derniers jours.
Organisée chaque année par l'artiste Johanna Barry et son équipe du COMIGUI, des petits malins tapis dans le département de la culture veulent récupérer l'événement à leur compte des mains des précurseurs. Alors que le COMIGUI a signé un contrat de 10 ans avec le ministère de la culture.
Et mieux, Jean Baptiste Williams qui est accusé de tirer la ficelle, a
un autre événement, le Djembé d'Or. Pour mieux édifier nos internautes,
nous avons rencontré Thierno Sadou BAH du département de la culture,
pour qu'il nous donne sa version des faits. Les prochains jours, nous
aurons la chanteuse, Johanna Barry pour la réplique.
Infoguinée : Quelle lecture faites-vous de cette polémique sur l'élection Miss Guinée qui fait couler assez d'ancre et de salives dans le pays, notamment au département en charge de la culture et de l'organisation sous régionale que vous représentez en Guinée ?
Thierno Sadou BAH : D'abord, je voudrai vous dire que je suis à la fois un commis de l'Etat et un serviteur d'une institution inter étatique et, à ce titre, je n'entre jamais dans des polémiques oisives sinon stériles. Je suis le chef du Bureau d'Appui à la Direction Nationale de la Culture- BAAC- en même Correspondant national du Plan d'action NEPAD/culture de la CEDEAO, désigné par le gouvernement de la République de Guinée suivant le Protocole AP/10D/CEDEAO/96, ratifié par la conférence des chefs d'Etats et mis en route par la première réunion des Ministres de la culture des pays membres de la cedeao tenue en 2002 à Dakar.
La CEDEAO a compris, dans sa volonté d'évolution, que plus que l'économie et la politique, la culture demeure un puissant facteur d'intégration des peuples tel que souhaité par les chefs d'Etat qui ont mis en route cette communauté de destin en 1975 à Lagos. C'est pourquoi, l'organisation sous régionale s'est imposée la nécessité de s'accommoder les vertus de la culture et inviter les acteurs, entrepreneurs et administrateurs culturels à apporter leur savoir-faire à l'œuvre de construction d'une communauté de valeur et d'intérêts qui n'en fini pas, d'ailleurs, de démontrer ses capacités et sa raison d'être sur la scène ouest africaine.
Et depuis, on assiste annuellement à l'organisation de manifestations à caractère culturel comme la foire de l'art et de l'artisanat, la rencontre des experts culturels, la réunion des ministres en charge de la culture sans oublier la réunion des bureaux ouest africain de défense des droits d'auteurs et l'élection miss CEDEAO. Le festival des arts et de la culture de la cedeao-Ecofest- est en route et la Guinée est inscrite comme candidate pour abrité la première édition.
Mais, partout ce sont les gouvernements qui servent d'interface d'où la création des ministères de l'Intégration africaine sur instruction de la commission de la cedeao.
Pour le cas de l'élection Miss, la CEDEAO a accepté un partenariat avec une structure privée dirigée par Victor Yapovi qui a mandat d'agir en son nom. Qu'à cela ne tienne, cette structure est tenue de travailler avec les ministères en charge de la culture ou leurs représentants pour n'inviter que les miss issues d'une organisation à l'échelle nationale et cautionnées par lesdits département.
Infoguinée: Que reprochez-vous alors concrètement au COMIGUI qui agit depuis 2007 sur le terrain ?
En clair rien si ce n'est sa confusion, son irresponsabilité et sa malhonnêteté qui balisent le chemin de ses activités. Vous connaissez l'adage : qui se sent morveux, se mouche.
A l'arrivée du gouvernement du 23 décembre sous la coupole du Capitaine Dadis, et de la nomination de l'homme d'Etat Justin Morel Junior à la tête du département en charge de la culture, il a été décidé que tout le monde se remette au travail afin d'aider le pays à sortir du fiasco dans lequel le désordre et la gabegie l'ont plongé durant des décennies.
On se souvient encore des conditions dans lesquelles, Baïdy Aribot, alors ministre de la jeunesse, des sports et de la culture, avait signé une autorisation au COMIGUI, version Johanna, au détriment de Ibrahim C.
Cette dame nommée Johanna a eu la savante malhonnêteté de s'accoquiner à la famille du feu Général Lansana Conté et, M. Baïdy Arribot, a triché pour un camp afin de sauver son poste. Ensuite, on a vu la célérité avec laquelle cette même Johannah, a retourné sa veste pour chanter Dadis. Je pense bien qu'actuellement elle est en train de préparer un nouvel album pour encore chanter autre chose au gré du vent politique et des circonstances.
C'est dans ce contexte qu'elle est venue voir Monsieur Justin Morel Jr pour l'embarquer dans son vaste élan de cupidité et de félonie, lequel a opposé une fin de non recevoir à toute pratique qui n'obéit pas à l'orthodoxie de l'administration. L'arrivée de Cheick Fantamady Condé a sonné pour « Mme la fille de Conté » comme une aubaine pour réactiver sa besogne légendaire et entraîner ce dernier dans ses velléités de corruption.
La Direction Nationale de la culture mise au parfum, a vite fait de rappeler au nouveau responsable les missions et les prérogatives du département qu'il hérite. Malheureusement, le ministre a vite piqué le virus de la «vipère» et oser demander au ministère de l'économie et des finances de débloquer 600 millions GNF en faveur des organisateurs de l'élection Miss 2010 que sont Johannah et son staff ivoirien. Les cadres du ministère de l'économie et des finances nous ont approché pour être édifiés. Personnellement, j'ai signifié ma désolation de n'être informés de rien. Depuis, c'est la panique à bord du navire Johannah et compagnie.
Infoguinée: On vous reproche de vouloir s'approprier le COMIGUI ?
Il n'en est pas question. Tenez ! A titre exceptionnel et pour l'intelligence de vos nombreux lecteurs, je vous tends une copie du courrier que le Directeur National de la Culture a adressé à son supérieur hiérarchique. Il n'est nullement question de saper les intérêts de qui que ce soit. Nous tenons tout simplement à accomplir notre mission de conception, de coordination et de mise en œuvre de la politique du gouvernement de la république en matière de culture. Nous sommes en étroite relation avec la quasi-totalité des partenaires de terrain, du plus humble et plus important. Et nous n'entendons pas permettre à des bandes de crapules de saboter l'élan de valorisation de notre patrimoine commun qu'est la culture. Retenez, Monsieur, que l'organisation de concours de beauté dans tous les pays organisés relève de la stricte responsabilité des gouvernements. Comme Johannah et son copain viennent de la Côte d'Ivoire, ils feraient mieux de s'informer du comment cela se passe dans ce pays respectueux du droit et du devoir.
Infoguinée: Votre dernier mot ?
Je vais m'excuser auprès de vos millions de lecteurs de la hargne avec laquelle je dénonce la perfidie de ces personnes en mal d'excuses. Rien ne les justifie si ce n'est l'attachement inquiet que j'ai pour la sauvegarde de notre trésor culturel. Ce qui fait surtout mal, c'est de voir que n'importe qui peut sortir de n'importe où pour tromper et tricher ce peuple martyr de Guinée. Nos finances, nos mines et maintenant notre patrimoine commun, la culture…, tout y passe pour être prenable par des tiers. Il faut que nous ayons l'honnêteté morale pour dire maintenant ça suffit. Pour ma part, je ne désarmerai jamais.