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| Enquêtes sur les massacres du 28 septembre : Le rapport des 23 Grands Contradicteurs Universels fait vraiment rire ! |
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| Par Abdoulaye BAH | ||||||||||||||||||
| 07-02-2010 | ||||||||||||||||||
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C’est un document de 73 pages qui n’étonne personne, qui ne
surprend pas non plus, mais qui fait vraiment rire aux éclats, tant
certains observateurs avertis le trouvent « plat, léger et honteux.»
Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon il aurait fait assez de
victimes, ce 2 février 2010. Mais pas grave, c’est tout de même un
rapport !
Comme nous n’avons pas la mémoire courte, nous révélons ici pour nos lecteurs ce que le rapport général de la commission nationale d’enquête indépendante veut noyer, on ne sait pour quel prétexte. Siriman Kouyaté et ses 22 enquêteurs veulent contredire ce que tout le monde connaît. Une véritable insulte à la mémoire des victimes du 28 septembre. Des pauvres populations qui ont tourné le dos au Camp Alpha Yaya, pourtant le siège du pouvoir militaire, pour se rendre massivement dans un endroit fermé à Dixinn, en vue de manifester sa colère légitime face à la candidature de Dadis aux élections, sont violés et massacrés comme des mouches. Et nos enquêteurs nationaux préfèrent aujourd’hui venir au secours de Dadis convalescent aux abois que de dire la vérité. Bravo, nos enquêteurs nationaux ! Si vous arrivez à dormir avec votre «fameux» rapport, nous vous souhaitons bonne nuit et agréable rêve.
En vérité, ce document ne convainc personne, mais cherche au contraire à contredire, à dissimuler ce qui a été internationalement condamné, de par le monde. Il mérite d’être jeté dans la poubelle. L’OGDH, la FIDH, la RADDHO, Human Right Watch, la commission d’enquête onusienne ont mené leurs investigations. Nos 23 enquêteurs n’ont ni entendu Dadis, Toumba Diakité, et beaucoup d’autres acteurs clés, et les voilà qui rendent un tel rapport. Tenez ! Dadis n’est pas responsable, Tiègboro Camara non plus. Bilan, 63 morts, 1 480 blessés et 36 agressions sexuelles. Le seul et unique responsable est Toumba.
Nos 23 enquêteurs nationaux se sont arrêtés à mi- chemin, sans pour autant s’étendre sur les événements antérieurs, comme ceux de juin 2006 ou de janvier- février 2007, dont ils devraient éclaircir, mais ils se sont précipités juste pour blanchir Dadis et enfoncer Toumba. L’absent a toujours tort, ça se comprend.
Nos 23 enquêteurs nationaux sont vraiment audacieux, quand ils essayent de contredire le rapport de 113 pages publié le 17 décembre 2009 par l’ONG américaine de défense de droits de l’homme, Human Right Watch. Dans ce rapport dénommé Un lundi sanglant : le massacre et les viols commis par les forces de sécurité en Guinée le 28 septembre 2009, l’ONG américaine soutient que le massacre du 28 septembre est prémédité et planifié par la junte militaire, des « crimes contre l’humanité » donc. Les principaux concernés sont Dadis, Toumba Diakité, Tiègboro Camara et autres.
Plus loin, Human Right Watch dit avoir entendu 240 victimes et autres témoins, dont 28 femmes victimes de violences sexuelles et estime que le nombre de morts s’élève entre 150 à 200 personnes, et non 57 comme annoncé par nos officiels. Pour terminer, HRW a précisé qu’il n’a trouvé aucune preuve démontrant qu’un membre des forces de sécurité ait été blessé au Stade du 28 septembre, ce qu’a contredit notre commission nationale. Comme recommandations, HRW a suggéré l’ouverture d’enquête approfondie en vue de poursuivre et de punir les coupables.
Quant aux trois enquêteurs onusiens qui ont séjourné à Conakry du 25 novembre au 4 décembre dernier, leur rapport d’investigations d’une soixantaine de pages a été rendu public le 21 décembre. Ils parlent ‘’d’attaque généralisée et systématique et de crimes contre l’humanité’’. 687 personnes ont été entendues à Conakry et à Dakar, dont Dadis, Toumba, Pivi, Konaté, Tiègboro, leaders politiques et les victimes, voilà des enquêteurs qui ont écouté tous les protagonistes. Au total, le trio onusien dit avoir enregistré 156 personnes tuées ou disparues et 109 Femmes violées. Avant de recommander la saisine de la CPI, les enquêteurs onusiens ont estimé qu’il existe de motifs raisonnables de présumer aux responsabilités penales et individuelles de Dadis, Toumba, Tiègboro, plus Pivi, Colonel Diaby et autres. Une enquête qui corrobore la précédente.
Entre la publication de ces deux précédentes enquêtes, Toumba Diakité avait profité de l’occasion rompre le silence. Dans une interview accordée à RFI, Toumba a attribué la paternité des massacres du 28 septembre à Dadis Camara : « l’armée, c’est la hiérarchie et le respect des ordres. Ce scénario a été monté.» De là à dire que Dadis n’était pas au courant de ce qui se tramait, voilà qui est difficile à comprendre pour tout observateur averti, mais sauf pour les enquêteurs nationaux.
Une chose est évidente, avec un tel rapport, l’Etat n’a fait que jeter de manière gratuite notre contribuable par la fenêtre. 23 enquêteurs nationaux « gracieusement » payés pour blanchir ses dirigeants, au mépris du droit et de la loi. Et c’est le Premier ministre, Jean Marie Doré, qui ose nous parler du problème des salaires des fonctionnaires guinéens. Quand on ne sait pas où mettre les sous de l’Etat, on se retrouve toujours avec de tels problèmes.
Enquêteurs nationaux, taisez- vous ! Accusés du 28 septembre, levez- vous !
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