Pour bien comprendre les travaux des chercheurs,
il convient de rappeler qu’il existe deux types de virus du SIDA : le
VIH-1, largement majoritaire et le VIH-2 peu fréquent. Avant cette
découverte, le VIH-1 avait été divisé en trois groupes distincts: le
groupe M, à l’origine de la pandémie mondiale, et deux autres groupes,
très rares, identifiés par les lettres O et N.
Dans un premier
temps, quand les chercheurs français se sont intéressés au virus relevé
sur leur patiente d’origine camerounaise, ils ont pensé qu’il pouvait
appartenir au groupe O. Et ce n’est qu’après avoir établi le génome
complet du virus qu’ils se sont aperçus qu’il s’agissait d’un nouveau
variant, qu’ils ont donc baptisé groupe P.
Sur la base de ce
séquençage de génome, ils ont ensuite déterminé le traitement
thérapeutique adéquat à cette nouvelle mutation du virus. Avec de bons
résultats semble-t-il, dans la mesure où la patiente a bien répondu, ce
qui permet de penser que cette nouvelle souche peut se traiter. En tout
cas, pour les chercheurs – qui ont mis en ligne sur Internet, sur une
banque de données publique, la séquence génétique du nouveau variant –
la découverte de cette nouvelle lignée met en lumière la nécessité de
surveiller de près l’émergence de nouveaux variants du VIH, et tout
particulièrement en Afrique centrale.
RFI