| Présidentielle 2010: Conté ira ou n'ira pas ? |
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| Par Abdallah Balde | ||||||
| 03-12-2008 | ||||||
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La question se pose avec persistance dans les milieux sociopolitiques
guinéens et même cette fois, dans les milieux diplomatiques et d'affaires. Pour
ce lui qui sait que l'avenir de tout un pays est subordonné à sa gouvernance
politique, l'un des principaux paramètres du développement
socio-économique des Etats.
Contrairement en 1993 et 1998 où le candidat du parti de
l'unité et du progrès, respirait au meilleur de sa forme, la candidature du
général Lansana Conté pour la présidentielle de 2010 préoccupe, à cause de sont
état de santé, qui ne le permet plus d'être en contact avec ses gouvernés,
d'être sur le terrain des débats et des décisions, bref de remplir la mission
régalienne et exigeante de l'Etat dans un pouvoir présidentiel fort.
A 25 mois de l'échéance présidentielle, alors que les
législatives sont constamment reportées et les communales pointent à l'horizon
2009, le camp présidentiel semble perturbé, plus qu'en janvier
2007 dans son sommeil de mouvance présidentielle.
Entre présenter un candidat totalement absent de la scène
que certains diraient "mourant" et le choix d'un "dauphin",
les avis semblent partager au sein de la famille présidentielle.
Bien entendu que les partisans du tout ou du rien
n'entendent pas parler d'un autre candidat, et ce quelque soit l'état de santé
de leur champion. Pour un responsable du parti, partisan de cette option
"rien qu'en présentant le général Lansana Conté comme candidat, certains
prétendants au passé sale, vont s'abstenir et pourraient le soutenir. Et mieux,
le vote des hommes en tenue est assuré surtout avec les nouvelles
promotions et les augmentations de salaire intervenues ces derniers temps. Le
général contrôle la troupe, et l'armée l’obéit".
Pour d'autres plus réalistes que rêveurs, l'heure est au
bilan et le moment est grave de compter sur un chef, abonné au lit, même
si dans l'apparence selon eux, des cadres civils et militaires font
semblant de l'aimer et de le soutenir. Dans cette optique disent-ils, "il
faut choisir avec lui, un candidat de son parti". Un homme à lui,
"qui pourra assurer la continuité du système", quitte à le prendre
ailleurs, pourvu qu'il soit du système. "Nous prendrons quelqu'un qui est
resté fidèle aux actions du Président, à sa personne, à sa famille et surtout
au parti. Et ceux qui l'ont trahi et ont des dossiers sales, finiront
par fuir le pays", soutien un membre de ce camp.
Pour un autre proche de
l'entourage présidentiel, Conté reste le candidat naturel du PUP. Même
malade, il passe.
Ce qu'un autre confident de la direction nationale
du PUP ne dément pas "il ne faut pas rêver, tout autre candidat du
parti n'a aucune chance de remporter les élections qui pourraient être
déterminantes pour le pays". En visionnaire, il ajoute: " Nous savons
comment le PUP a gagné ses élections. C'est avec notre grand candidat, connu de
tout le monde. Maintenant, et après tout ce que le pays a connu comme
perturbations, il faut que ce soit lui pour arracher la victoire. Naturellement,
nous avons nos électeurs qui sont toujours mobilisés, mais,...".
Une éventualité que certains mettent à profit pour tâter
le terrain avec ces divers mouvements de masse, à travers l'organisation de
tournoi de football à l'intérieur du pays, où le général ne semble plus avoir
le contact, donc plus de supporters.
Et rien qu'en ce mois de décembre, trois tournois de
football sont organisés. L'un à Conakry avec le sponsor Rusal, un deuxième à
Kamsar avec le mouvement Lansana Conté pour la Paix et qui regroupera des
équipes abritant les compagnies minières et un troisième encore dans les
profondeurs du pays avec un programme similaire de mobilisation au tour du
champion du PUP.
Le week end passé, Kaloum a abrité un grand mouvement de
soutien et de reconnaissance à Elhadj Fodé Soumah, ex parrain national du PUP,
considéré à juste titre comme le principal artisan du septennat. Cet ancien
geôlier de la sûreté serait pressenti comme l'un des candidats, pour sa
fidélité au Chef de l'état. Mais ce n'est pas de l'avis de nombreux ténors du
camp présidentiel, qui ont préféré ne pas aborder la question. Une chose qui
confirme l'absence du Chef du Parlement et du gouverneur de la ville de
Conakry, à ce meeting. Tous les deux, considérés comme des poids déterminants
pour un tel choix, selon certains analystes, si le premier n'est pas le
candidat tout indiqué.
L'un dans l'autre, les guinéens qui semblent dépassés par
les évènements et à la recherche permanente de solution pour le quotidien,
observent impuissants, parfois poussent un cri de soulagement et de
détresse, qu'ils lient à une fatalité qui ne sied plus à son statut d'habitant
d'un des pays les mieux dotés de la sous région, mais croupissant sous le poids
de la pauvreté du fait de la mal gouvernance, de l'impunité et des
détournements des deniers publics.
Et partant, la déclaration de certains ténors de la
pseudo campagne de l'élection présidentielle de 2003, sortent déjà de l'ombre
pour indiquer leur candidature, par ce que selon eux "après des enquêtes
et analyses, Lansana Conté, ne sera pas candidat". Ont-ils la certitude de
la tenue de la présidentielle sans Conté ou avec Conté ? S'interroge l'opinion,
qui n'affiche plus qu'une seule ambition; celle de finir avec la pauvreté
qui ne fait pas bon ménage avec la dignité, obtenue, elle, par les
urnes depuis 50 ans.
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| Citation du jour |
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"Notre pays est sans doute le seul au monde où des personnes appelées des cadres peuvent sacrifier de façon peu soucieuse, les intérêts stratégiques de leur nation.
"Cpt Mousssa D. Camara |